jeudi, juillet 21, 2005

175 - 25 : Un rêve à convoyer


La Belgique, 175 ans, +/- 11.000.000 d'habitants, 3 langues, 3 régions, une pléthore de ministres.

La Belgique un poème

J'ai revu récemment une amie française. Elle aussi a fait le choix de la Belgique, c'est vraiment un pays qu'elle a choisi. Elle m'a très bien parlé de cela.

La Belgique est un pays de l'interculturel en permanence, c'est vraiment une croisée des chemins. Dès qu'une réunion - au niveau fédéral (c'est à dire au niveau du pays) - se met en place deux langues aussi différentes que le flamand et le français doivent se rencontrer et s'entendre. Le principe étant que chacun parle dans sa langue. Derrière cela, il a deux cultures deux rapports à la vie différents. Cet interculturel systématique amène à se décentrer "d'effets de manches" pour produire une humanité qui permet la compréhension et la rencontre de l'autre. Et oui comprendre et rencontrer l'autre cela ne va pas de soi, c'est complexe. La voie institutionnelle choisie par la Belgique pour gérer ses différentes communautés est exigeante, couteuse notamment en énergie mais c'est une tension pleine d'humanité qui demande vraiment de prendre en compte l'autre dans tout ce qu'il a de différent.

OK cela peut vous sembler une vision fort positive. Les problèmes communautaires existent en Belgique, ils prennent politiquement et médiatiquement beaucoup de place. Des politiques - des deux côtés - jouent sur cette corde. C'est vrai que cela demande beaucoup moins d'efforts à des hommes et des femmes politiques de jouer sur la corde communautaire que de proposer un véritable vision politique à un monde qui se... mondialise. Un peu comme un De Viliers en France qui pour vendre son non à la constitution européenne se fend d'un pamphlet xénophobe contre les turcs.

Il n'empêche, une ville comme Bruxelles est une ville où plus d'un enfant sur deux qui naît n'est pas belge. On arrive à un interculturel et tout cela en évitant la ghettoïsation si bien décrites par nos amis les sociologues français.

Je trouve que la manière dont on gère la diversité, l'altérité en Belgique produit in fine une sacrée convivialité entre les individus. Et e 10 ans de Belgitude, j'ai appris à apprécier cette convivialité.

Je mangeais donc avec cette amie française, elle me parle de son ami qui est... flamand. Une nuit son ami parle - en flamand - dans son sommeil, elle ne comprend pas et lui demande s'il peut répéter... en français, ... il répète en français en étant toujours endormi ! ! !

La Belgique, une idée, des rencontres, un rêve... interculturel.